L'ostéopathie pédiatrique, pourquoi et quand ?

Article écrit pour l'association Prévenir ou Guérir
Juin 2011 - Par Sarah Bohlÿ, Ostéopathe D.O.

Votre enfant vient de naître et on vous pousse à l'emmener chez l'ostéopathe. Vous vous questionnez et vous ne savez pas si cela est nécessaire. Sachez dans un premier temps qu’une visite pédiatrique en ostéopathie n’est pas exigée par l’HAS (Haute Autorité de Santé). Elle peut cependant s’avérer essentielle pour corriger les troubles fonctionnels (1) que pourrait présenter votre enfant.

En effet, les contraintes éprouvées par le nouveau-né lors de la grossesse et de l’accouchement sont importantes. Après 9 mois de gestation, il doit passer à travers le bassin de sa maman sous de puissantes contractions utérines et même si son corps est malléable, il subit de nombreuses pressions pouvant engendrer différents blocages que nous évoquerons ci-après.

(1) Ensemble des symptômes n'ayant pas de cause médicale clairement identifiable.



Il est conseillé de consulter un ostéopathe dans les cas suivants :

• Naissance difficile : travail d’expulsion très long, utilisation d’instruments (forceps, ventouses, cuillères), expression abdominale, cordon ombilical autour du cou ou d’un bras etc. Même si votre enfant ne présente aucun signe pathologique à sa naissance, il est important de vérifier l’absence de blocage. En effet, des troubles peuvent apparaître à retardement, le torticolis ou la déformation du crâne en sont de très bons exemples.

• Plagiocéphalie (déformation crânienne) : nous n’avons pas l’explication exacte quant à l’origine de cette déformation, il semblerait qu’elle soit multifactorielle. Le plus souvent liée à une position prolongée dans le ventre de la maman (tête du fœtus en appui contre le bassin par exemple) et/ou liée à la position allongée sur le dos les premiers mois de vie. L’utilisation d’instruments pendant l’expulsion, un cordon ombilical enroulé autour du cou ou du bras sont aussi des facteurs de risque. La plagiocéphalie est à prendre en charge tant que le crâne reste encore malléable (avant 6 mois si possible). En effet, plus le temps passe, plus les os du crâne s’ossifient et plus il est difficile pour l'ostéopathe de permettre au bébé de retrouver une tête bien ronde. Si la prise en charge est tardive, le but d'une consultation ne sera pas de corriger la forme du crâne, mais de vérifier que malgré cette déformation, aucun blocage ne subsiste car cela pourrait être à l'origine d'autres problèmes (torticolis, trouble de la succion...).

La plagiocéphalie est de plus en plus fréquente et peut parfois passer inaperçue lors des premières visites chez le pédiatre. Il est donc important pour les parents de vérifier que le crâne de leur nourrisson s’accroisse de manière homogène et qu’il tourne la tête des deux cotés sans être gêné. Attention, une telle déformation peut apparaitre au bout de 3 ou 4 mois.

En complément de toute prise en charge médicale, les parents pourront stimuler leur enfant en attirant son attention du coté où il tourne le moins sa tête : en insistant lors d’une séance de jeu avec un hochet en changeant sa position dans son lit (un jour la tête du coté droit du lit puis le lendemain du coté gauche afin d’être stimulé alternativement des deux cotés lorsque vous rentrez dans la pièce ou que la lumière s’allume) si vous donnez le biberon, en changeant sa position dans vos bras (même si vous avez un coté préféré, ne pas utiliser toujours le même bras) en le plaçant sur le ventre lorsqu’il est éveillé afin de stimuler son développement moteur et de diminuer les appuis prolongés sur le crâne.

• Torticolis congénital : votre enfant ne tourne la tête que d’un coté malgré vos stimulations  et ça ne semble pas douloureux. Le torticolis congénital se voit généralement dès la naissance mais peut parfois se révéler dans les semaines qui suivent. Il n’y a pas forcément de déformation du crâne associée mais les deux sont très souvent liés. Les conseils sont les mêmes que pour la plagiocéphalie.

• Troubles du sommeil : réveils nocturnes, difficulté d'endormissement, refus de faire la sieste, cauchemars à répétition, énurésie... Votre enfant est épuisé, il pleure beaucoup et s'énerve facilement car il est en manque de sommeil. N'hésitez pas à lui parler pour le rassurer car il est possible que votre enfant ait des peurs mais il est également possible que le problème vienne d'une gêne physique engendrant une difficulté à maintenir la position allongée.

• Troubles digestifs : reflux gastro-œsophagien (il recrache son lait après la tétée ou dès qu'il est allongé sur le dos), constipation (il pousse beaucoup, à du mal à évacuer ses selles qui sont dures « comme des crottes de lapin »), colique du nourrisson (après la tétée votre enfant pleure beaucoup, devient tout rouge et se tortille dans tous les sens sans qu'il y ait forcément de constipation associée).

• Un trouble de la succion : votre enfant rejette sa tétine, son biberon ou le sein  ; tète mal ou peu et par conséquent ne prend pas suffisamment de lait. Il n'est peut être pas bien positionné lors de l’allaitement mais son réflexe de succion est peut être aussi perturbé par un blocage fonctionnel.

• Des cris et pleurs excessifs : vous avez remarqué que votre enfant était très nerveux, qu'il pleurait beaucoup sans raison apparente, qu'il avait du mal à être calme et détendu... Les conseils sont les mêmes que pour les troubles du sommeil.

• Un bilan : il n’y a pas de délai après la naissance, certaines maternités proposent même des consultations ostéopathiques dès les trois premiers jours de vie du nouveau-né. Cependant il faut éviter d'emmener son enfant s'il est malade, s'il vient d'être opéré, vacciné, ou si les vaccins sont prévus dans les 3 jours car le système immunitaire est alors en plein travail et il n'est pas nécessaire de le surcharger d'informations. Un bilan peut également être proposé annuellement, à chaque nouvelle acquisition (apparition des premières dents de lait, de la marche, chutes à répétition…), ou simplement pour vérifier que tout va bien.


La liste des motifs de consultation est non exhaustive. Pour toute information complémentaire, n'hésitez pas à consulter votre ostéopathe.
 
Lors d'une séance, le but de l’ostéopathe va être d’harmoniser les tensions issues de la naissance et de toutes ses « premières fois », de restaurer l’équilibre corporel et de donner les moyens à votre enfant de s’auto-guérir. Il ne faut pas vous inquiéter s’il est pris de colère, s'il pleure ou au contraire s'il s'endort pendant la consultation : toutes les techniques sont douces et indolores !



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